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Conduire sous alcool

Six points dans les deux cas, mais deux régimes très différents selon le taux mesuré.

Mis à jour le 7 août 2026

Conduire après avoir bu n'expose pas à une sanction unique. Le code de la route distingue deux régimes selon le taux mesuré : une contravention entre 0,50 et 0,80 gramme d'alcool par litre de sang, un délit à partir de 0,80. Le retrait de points est le même de part et d'autre de cette frontière, six points, mais tout le reste change. Et depuis le 11 juillet 2025, la peine encourue au-delà de 0,80 g/l est passée de deux à trois ans d'emprisonnement.

À partir de quel taux êtes-vous en infraction ?

L'article R234-1 du code de la route fixe deux seuils, et beaucoup de conducteurs ne connaissent que le premier. Le seuil général vise « une concentration d'alcool dans le sang égale ou supérieure à 0,50 gramme par litre ou une concentration d'alcool dans l'air expiré égale ou supérieure à 0,25 milligramme par litre ».

Un second seuil, bien plus bas, s'applique à quatre catégories de conducteurs : les conducteurs de transport en commun, les titulaires d'un permis probatoire, les élèves conducteurs en apprentissage et les personnes soumises à un éthylotest anti-démarrage. Pour eux, l'infraction commence à 0,20 gramme par litre de sang, soit 0,10 milligramme par litre d'air expiré.

L'éthylomètre utilisé au bord de la route mesure l'air expiré, la prise de sang ordonnée ensuite mesure le sang, et le rapport entre les deux valeurs est de un à deux. Avec un permis probatoire, le seuil qui vous concerne est donc inférieur de plus de moitié à celui de votre passager titulaire d'un permis définitif.

Entre 0,50 et 0,80 g/l, une contravention à six points

Dans cette fourchette, l'infraction reste une contravention de 4ᵉ classe. Elle coûte six points, une amende forfaitaire de 135 euros, ramenée à 90 euros en cas de paiement rapide et portée à 375 euros si le délai est dépassé. Six points, c'est le maximum qu'une contravention puisse faire perdre.

Le tribunal peut y ajouter une suspension du permis pouvant aller jusqu'à trois ans, éventuellement limitée à la conduite en dehors de l'activité professionnelle, et l'interdiction de conduire un véhicule non équipé d'un dispositif anti-démarrage pendant trois ans au plus. Ce qui n'est pas prévu à ce niveau, en revanche, c'est l'emprisonnement : une contravention n'y expose à aucun moment, quelle que soit sa classe.

À partir de 0,80 g/l, ce n'est plus une contravention

L'article L234-1 vise le fait de conduire « sous l'empire d'un état alcoolique caractérisé par une concentration d'alcool dans le sang égale ou supérieure à 0,80 gramme par litre » ou « dans l'air expiré égale ou supérieure à 0,40 milligramme par litre ». Il vise aussi, sans aucune mesure de taux, la conduite « en état d'ivresse manifeste » : le comportement constaté par les forces de l'ordre suffit alors à caractériser le délit.

La peine encourue est de trois ans d'emprisonnement et 9 000 euros d'amende. Ces montants sont récents. Ils résultent de l'article 8 de la loi n° 2025-622 du 9 juillet 2025, en vigueur depuis le 11 juillet 2025, celle-là même qui a fait du dépassement de 50 km/h un délit. Avant cette date, le texte prévoyait deux ans et 4 500 euros, chiffres que l'on trouve encore un peu partout.

Le retrait, lui, n'a pas bougé : le délit « donne lieu de plein droit à la réduction de la moitié du nombre maximal de points », soit six points. Le code de la route raisonne toujours sur le maximum légal de douze, jamais sur le capital que vous détenez réellement. S'y ajoutent les peines complémentaires de l'article L234-2, nettement plus lourdes que celles de la contravention : suspension du permis jusqu'à cinq ans, annulation assortie d'une interdiction de le repasser pendant cinq ans, travail d'intérêt général, jours-amende, interdiction de conduire certains véhicules, obligation d'accomplir un stage de sensibilisation, dispositif anti-démarrage, confiscation du véhicule.

Et si vous refusez de souffler ?

Le refus de se soumettre aux vérifications est une infraction distincte, prévue par l'article L234-8 et punie de deux ans d'emprisonnement et 4 500 euros d'amende. Elle entraîne le retrait des mêmes six points, l'immobilisation du véhicule et la même procédure de suspension. La loi de juillet 2025 a durci le délit d'alcoolémie sans toucher à cet article.

Ce qui se passe dans les heures qui suivent le contrôle

Les forces de l'ordre retiennent votre permis sur place. À partir de là, l'article L224-2 donne au préfet soixante-douze heures pour prononcer une suspension administrative, délai porté à cent vingt heures lorsque des vérifications d'alcoolémie ou de stupéfiants ont été effectuées. Le texte précise ce qui arrive si rien ne vient : « à défaut de décision de suspension dans le délai prévu au premier alinéa […], le permis de conduire est remis à la disposition de l'intéressé ». Le détail de cette procédure figure sur notre page consacrée à la rétention du permis de conduire.

Le retrait des six points, lui, n'intervient ni au contrôle ni à la rétention. Il devient effectif au paiement de l'amende ou à la condamnation définitive, date à laquelle partent aussi tous les délais de récupération.

Récupérer les points perdus

Un stage de sensibilisation à la sécurité routière rend jusqu'à quatre points, dans la limite du plafond de votre permis. Après une alcoolémie, l'arithmétique est donc simple : six points partis, quatre récupérables au mieux. Le stage dure deux jours consécutifs, ne comporte aucun examen et ne peut être suivi qu'une fois par an. Il reste accessible tant qu'il vous demeure au moins un point et qu'aucune lettre 48SI ne vous a été notifiée. Les autres infractions qui coûtent six points sont détaillées sur la page retrait de 6 points, et le régime des drogues au volant sur celle consacrée à la conduite sous stupéfiants.

Sources

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Vous pouvez consulter votre solde de points en temps réel sur le site Mes Points Permis. Avec vos identifiants FranceConnect, vous n'avez pas besoin de codes d'accès pour visualiser votre nombre de points de votre permis de conduire.