Perte de 6 points en permis probatoire
Six points perdus d'un coup en permis probatoire : la conséquence dépend entièrement de l'année où vous en êtes.
En permis probatoire, perdre six points d'un coup n'a pas la même conséquence selon l'année où vous vous trouvez. La première année, votre permis est crédité de six points, donc l'infraction vous laisse à zéro et le permis est invalidé. À partir de la deuxième année, il vous reste des points, et c'est un stage de sensibilisation à la sécurité routière qui devient obligatoire.
Quelles infractions coûtent six points d'un coup ?
Le barème officiel est le même pour tous les conducteurs, avec une exception qui vise directement les jeunes permis.
- Alcoolémie égale ou supérieure à 0,5 g par litre de sang (0,25 mg par litre d'air expiré) ;
- Conduite après usage de stupéfiants ou refus de dépistage ;
- Refus de se soumettre à une vérification d'alcoolémie ;
- Excès de vitesse de 50 km/h ou plus, qui n'est plus une contravention ;
- Non-respect de la priorité à l'égard des piétons ;
- Transport, détention ou usage d'un détecteur de radar ;
- Conduite malgré une suspension du permis.
L'exception tient en un chiffre. En permis probatoire, la limite légale d'alcoolémie n'est pas de 0,5 g mais de 0,2 g par litre de sang, soit à peu près un verre. Franchir ce seuil coûte les mêmes six points, sur un capital qui n'en compte que six la première année. C'est l'infraction qui fait tomber le plus de jeunes permis. Le détail du barème par infraction est repris dans notre FAQ.
Une ligne de cette liste a changé de nature. Depuis le 29 décembre 2025, dépasser la vitesse autorisée de 50 km/h ou plus n'est plus une contravention de 5ᵉ classe mais un délit, dès la première fois. L'article L413-1 le punit de trois mois d'emprisonnement et de 3 750 €, et prévoit qu'il « donne lieu de plein droit à la réduction de la moitié du nombre maximal de points du permis de conduire », soit les six points. Le plus souvent, l'affaire s'arrête au paiement d'une amende forfaitaire délictuelle de 300 €, 250 € sous quinze jours, 600 € majorée. Restent possibles la confiscation du véhicule, une suspension jusqu'à trois ans et une inscription au casier judiciaire, ce qu'une contravention n'entraînait jamais.
La première année, six points suffisent à faire tomber le permis
Un permis probatoire démarre à six points. Une infraction qui en retire six ramène le solde à zéro, et le permis perd sa validité. Vous recevez alors une lettre recommandée 48SI du ministère de l'Intérieur qui vous notifie l'invalidation.
Deux mots circulent ici et ne désignent pas la même chose. L'invalidation est administrative et découle du solde de points tombé à zéro. L'annulation est prononcée par un juge, après un délit. Les procédures pour récupérer le droit de conduire ne sont pas les mêmes, et nous détaillons la différence entre suspension, invalidation et annulation à part.
À ce stade, le stage n'est plus une option. La Sécurité routière pose la condition sans détour : « votre permis de conduire ne doit pas avoir perdu sa validité ». Un stage se prépare avant la 48SI, jamais après.
Ce qu'il faut repasser après une invalidation
Un permis probatoire a par définition moins de trois ans. C'est la procédure la plus lourde des deux qui existent. Vous devez repasser l'épreuve théorique et l'épreuve pratique, le code et la conduite, et passer un examen médical et psychotechnique pour établir votre aptitude.
Un point pratique que presque personne ne connaît fait pourtant gagner plusieurs mois. Vous pouvez vous présenter aux épreuves pendant la période d'interdiction de conduire, qui est en général de six mois. Réussir plus tôt ne vous autorise pas à reprendre le volant plus tôt, mais votre nouveau titre est prêt le jour où l'interdiction tombe, au lieu de démarrer ce jour-là.
Le permis délivré à l'issue est de nouveau un permis probatoire, doté de six points, qui remonte de deux points par an pendant trois ans si aucune infraction n'est commise.
À partir de la deuxième année, c'est un stage obligatoire
Prenons un conducteur qui a passé son permis en formation classique. Il démarre à six points. Au bout d'un an sans infraction, il en a huit. Au bout de deux ans, dix. S'il perd six points au cours de sa deuxième année, il lui en reste deux, et sa progression s'arrête net. La majoration annuelle suppose qu'aucune infraction avec retrait de points n'ait été commise depuis le début de la période probatoire. En conduite accompagnée, les paliers sont différents, six puis neuf points, sur deux ans seulement.
Le retrait de trois points ou plus pendant cette période déclenche l'envoi d'une lettre 48N en recommandé. Elle notifie le retrait et l'obligation de suivre un stage dans un délai de quatre mois à compter de sa réception, dans le département de votre choix. La même règle s'applique à la perte de 4 points et à toutes les autres pertes de la série probatoire.
Ne pas faire ce stage dans le délai est puni de l'amende forfaitaire prévue pour les contraventions de 4ᵉ classe, soit 135 €, et d'une suspension du permis pouvant aller jusqu'à trois ans.
Le remboursement de l'amende
Le stage qui suit une 48N remplace la sanction financière. L'article L223-6 du code de la route le dit ainsi : le conducteur en période probatoire « doit se soumettre à cette formation spécifique qui se substitue à l'amende sanctionnant l'infraction ».
À la fin du stage, le centre vous remet le formulaire de demande de remboursement. Il est à adresser sous quinze jours ouvrables, accompagné de six pièces : la copie de la lettre 48N, la copie de l'attestation de stage, l'original de l'avis de contravention, la preuve du paiement de l'amende, l'original d'un relevé d'identité bancaire à votre nom et la copie de votre carte d'identité ou de votre passeport.
L'original, pas une photocopie, et sans relevé d'identité bancaire aucun virement ne peut partir. L'adresse dépend enfin du mode de constatation. Après une interception, le dossier part au comptable du Trésor public dont dépend le lieu de l'infraction. Après un radar, il part au TCA, service des remboursements, CS 81239, 35012 Rennes Cedex.
Ce que le stage peut vous rendre
Quatre points au maximum, et jamais au-delà du plafond de votre permis à cette date, soit six, huit ou dix points selon l'année de votre période probatoire. La formation dure quatorze heures réparties sur deux journées consécutives, sans examen, animée par un formateur et un psychologue. Les points sont recrédités le lendemain de la dernière journée.
Un stage permis probatoire se fait une fois par an, de date à date, et il faut au moins un point sur son permis pour s'inscrire. Si vous avez reçu une 48N, comptez vos quatre mois depuis la réception de la lettre et non depuis la date de l'infraction.
Sources
- Légifrance, article L223-6 du code de la route
- Légifrance, article L413-1 du code de la route
- Légifrance, décret n° 2025-1269 du 22 décembre 2025
- Sécurité routière, barème des retraits de point
- Sécurité routière, stage de sensibilisation et récupération de points en permis probatoire
- Sécurité routière, récupération du permis après une invalidation
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