Combien de temps dure une suspension de permis ?
Il n'existe pas une durée unique de suspension : elle dépend entièrement de qui la prononce et de la gravité des faits. Entre la rétention immédiate sur le bord de la route et une suspension judiciaire prononcée des mois plus tard par un tribunal, l'écart peut aller de 72 heures à plusieurs années. Voici comment s'y retrouver.
La rétention immédiate : le temps que le préfet décide
Sur le lieu du contrôle, dans les cas prévus par la loi (alcool, stupéfiants, refus des vérifications, excès de 40 km/h ou plus avec véhicule intercepté, téléphone tenu en main cumulé à une autre infraction, refus d'obtempérer, accident grave…), les forces de l'ordre retiennent votre permis à titre conservatoire. Ce n'est pas une suspension. La loi ne fixe pas de durée à cette rétention : elle donne au préfet 72 heures pour prononcer une suspension, 120 heures lorsque des vérifications d'alcoolémie ou de stupéfiants ont été faites. Sans décision dans ce délai, votre permis vous est rendu.
La suspension administrative : 6 mois, parfois 1 an
Dans ce délai, le préfet prononce ou non une suspension administrative. Depuis août 2026, il doit la prononcer lorsque l'alcoolémie ou l'usage de stupéfiants est établi, ou en cas de refus des vérifications ; dans les autres cas, comme un grand excès de vitesse, il peut le faire. Sa durée est de 6 mois au plus, portée à 1 an dans plusieurs cas : accident ayant entraîné la mort ou des blessures, conduite sous l'emprise de l'alcool ou de stupéfiants, refus des vérifications, refus d'obtempérer aggravé. Lorsque la suspension est facultative et que le conducteur est un professionnel du transport de personnes, ces durées sont doublées.
La suspension judiciaire : jusqu'à 3 ou 5 ans selon l'infraction
Lorsque l'affaire est jugée par un tribunal, la durée maximale de la suspension dépend de l'infraction : 3 ans pour la plupart des contraventions (excès de vitesse de 30 km/h ou plus, par exemple) et pour le grand excès de vitesse, 5 ans pour l'alcool au volant ou les stupéfiants, et jusqu'à 10 ans pour les blessures routières avec circonstances aggravantes. Pour l'alcool, les stupéfiants et le grand excès, cette suspension ne peut pas être limitée à la conduite en dehors de l'activité professionnelle. Important : les durées de suspension administrative et judiciaire ne s'additionnent pas. Dès que la décision du juge est exécutoire, elle remplace la suspension administrative en cours.
À partir de quand la durée est-elle décomptée ?
Le point de départ est la date de notification de la décision (remise de l'arrêté ou de la décision de justice). Si votre permis a déjà été retenu physiquement avant cette notification, la période de rétention s'impute sur la durée totale : vous ne repartez pas de zéro.
Les démarches avant de récupérer son permis
Le retour au volant n'est pas automatique à l'issue de la période :
- Suspension de 6 mois ou plus : un avis médical d'un médecin agréé ou de la commission médicale est obligatoire avant la restitution, et il ne peut être rendu qu'après un examen psychotechnique.
- Suspension liée à l'alcool ou aux stupéfiants : un contrôle médical est aussi prévu, même pour une durée plus courte.
Mieux vaut engager ces démarches environ un mois avant la fin de la suspension, pour ne pas prolonger involontairement votre interdiction de conduire faute de rendez-vous disponible à temps.

Le stage peut-il raccourcir la suspension ?
Non : le stage de récupération de points agit uniquement sur votre solde de points, jamais sur la durée d'une suspension, qui suit son propre calendrier fixé par arrêté ou décision de justice. En revanche, votre permis reste valide pendant une suspension : rien ne vous empêche de suivre un stage de récupération de points pour reconstituer votre capital et repartir plus sereinement une fois la suspension levée. Notre réponse Puis-je faire un stage de récupération de points pendant une suspension de permis ? détaille cette stratégie, et notre comparatif Quelle est la différence entre suspension, invalidation et annulation du permis ? remet ces notions en perspective.
Sources
- Légifrance, articles L224-1 à L224-18 du code de la route (rétention, suspension administrative, substitution de la suspension judiciaire)
- Légifrance, article R224-21 du code de la route (avis médical et examen psychotechnique)
- Légifrance, articles L234-1 et suivants du code de la route (alcool au volant, peines complémentaires)
- Légifrance, article L413-1 du code de la route (grand excès de vitesse)
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