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Sécurité routière

Spray antiéthylotest : l'utiliser au volant est-il interdit ?

Publié le 16 octobre 2026 par Vincent 6 min de lecture
Éthylotest électronique avec son embout et son écran de mesure

Un spray antiéthylotest ne vous met à l'abri de rien, parce que le délit dépend du taux d'alcool et non d'un seul souffle. Conduire avec 0,80 g/l d'alcool dans le sang ou plus reste un délit puni de 3 ans d'emprisonnement et de 9 000 € d'amende, avec 6 points retirés.

Le 14 octobre 2026, La Dépêche du Midi a relaté le procès d'un automobiliste devant le tribunal de Saint-Gaudens. Il répondait de cinq infractions et délits, parmi lesquels un problème d'immatriculation, une conduite avec un permis prorogé et l'utilisation d'un spray antiéthylotest. Sa défense tenait en une phrase : « Je ne savais pas que c'était interdit. »

Un spray peut-il vraiment tromper le contrôle ?

Vous avez peut-être vu passer ces produits, présentés comme capables de fausser le résultat d'un éthylotest. Leur promesse repose sur une idée fausse, celle qu'un seul souffle déciderait de tout.

Le code de la route ne s'arrête pas au dépistage. Le délit est constitué à partir de 0,80 g/l de sang ou 0,40 mg/l d'air, « même en l'absence de tout signe d'ivresse manifeste » (article L234-1 du code de la route). Les policiers et gendarmes peuvent retenir votre permis quand l'alcool délictuel est présumé par le dépistage et par votre comportement, ou établi par un appareil homologué (article L224-1 du code de la route).

L'ivresse manifeste reste en outre un cas de rétention à part entière. Vous vaporisez le produit, puis vous descendez de voiture d'un pas hésitant devant les agents. Le spray n'efface rien de ce qu'ils constatent.

Ce que dit la loi sur l'alcool au volant

Le taux mesuré décide de la qualification

Entre 0,50 g/l de sang (0,25 mg/l d'air) et moins de 0,80 g/l, la conduite est une contravention de 4e classe, soit 135 € au forfait, avec 6 points et une suspension encourue jusqu'à 3 ans (article R234-1 du code de la route et article R49 du code de procédure pénale). Aucune peine de prison à ce niveau.

Vous êtes en permis probatoire, en apprentissage, conducteur de transport en commun ou soumis à un éthylotest antidémarrage ? Le seuil de la contravention tombe alors à 0,20 g/l de sang (0,10 mg/l d'air). À partir de 0,80 g/l, c'est le délit, dont notre page conduire sous alcool détaille les peines.

Se dérober aux vérifications ne protège pas davantage

Certains pensent qu'en refusant de souffler, ils gagnent du temps. Refuser les vérifications d'alcoolémie ou de stupéfiants est puni de 3 ans et 9 000 €, avec 6 points, dans la version des articles L234-8 et L235-3 du code de la route en vigueur depuis août 2026. Le calcul ne tient donc pas.

Les conséquences sur le permis et les points

Depuis août 2026, le préfet « doit » suspendre le permis retenu quand la rétention tient à l'alcool établi ou au refus des vérifications (article L224-2 du code de la route). Cette suspension peut aller jusqu'à 1 an en cas d'alcool.

Devant le juge, la suspension encourue pour le délit d'alcoolémie va jusqu'à 5 ans (article L234-2 du code de la route). En cas d'annulation, l'interdiction de repasser le permis peut atteindre 5 ans. Une suspension judiciaire exécutoire se substitue à la suspension préfectorale au lieu de s'y ajouter (article L224-9 du code de la route). La page sanctions judiciaires explique comment ces mesures s'articulent.

« J'ai 9 points et je dois être jugé pour alcoolémie délictuelle, combien m'en restera-t-il ? »

Le délit d'alcoolémie retire 6 points. Avec un solde de 9 points, il vous en resterait donc 3, une fois la condamnation devenue définitive. Hors permis probatoire, le retour aux 12 points interviendrait ensuite 3 ans après cette condamnation, à condition de ne commettre aucune nouvelle infraction à retrait de points.

Que faire selon votre situation

Vous êtes contrôlé au bord de la route

Soumettez-vous aux vérifications et laissez le produit où il est. Si votre permis est retenu, ne reprenez pas le volant, même pour quelques kilomètres. Conduire malgré la notification d'une rétention ou d'une suspension est puni de 2 ans et 4 500 € et retire 6 points (article L224-16 du code de la route).

Vous êtes convoqué devant le tribunal

Les points ne disparaissent pas le jour du contrôle. L'infraction est établie, et les points retirés, par le paiement de l'amende forfaitaire, le titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée, l'exécution d'une composition pénale ou une condamnation définitive (article L223-1 du code de la route). Après le jugement, surveillez votre solde en suivant notre fiche consulter son solde de points.

Reconstituer votre capital après une condamnation

Vous sortez de l'audience avec un solde entamé. Le retour au maximum demande 3 ans sans nouvelle infraction à retrait de points, parce que l'alcoolémie délictuelle est un délit (articles L223-1 et L223-6 du code de la route). En permis probatoire, ce retour au maximum après 2 ou 3 ans ne joue pas pendant le délai probatoire.

Le vrai danger, c'est la prochaine erreur. « Lorsque le nombre de points est nul, le permis perd sa validité » (article L223-1 du code de la route). Pour éviter de reprendre la route au mauvais moment, l'article comment connaître son taux d'alcoolémie avant de conduire donne des repères utiles.

Si votre solde a fondu, un stage de sensibilisation vous permet de reprendre de la marge avant qu'une nouvelle infraction ne vous fasse basculer. Repérez un stage de récupération de points près de chez vous et réservez tôt pour choisir une date qui vous convient.

Questions fréquentes

Que risque-t-on avec de l'alcool et du cannabis au volant ?

Le cumul de l'alcool et des stupéfiants est puni de 5 ans et 15 000 €, avec un retrait de 9 points, soit les trois quarts du maximum (article L235-1 du code de la route). Une autre règle plafonne à 8 points les retraits d'infractions commises en même temps (article R223-2 du code de la route), et les deux textes coexistent.

Combien de temps la police garde-t-elle le permis après un contrôle d'alcool ?

L'article L224-1 du code de la route ne fixe aucune durée à la rétention elle-même. Après des vérifications d'alcoolémie, le préfet dispose de 120 heures pour prononcer la suspension, faute de quoi le permis est rendu.

Le permis blanc est-il possible après un contrôle positif à l'alcool ?

Pour le délit d'alcoolémie, non, car la suspension ne peut être limitée à la conduite hors activité professionnelle, ni assortie du sursis. Les textes sur la suspension préfectorale ne prévoient pas non plus cet aménagement.

Sources

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